La consultation chez l’homme < 40 ans

20-35-ans-bisDe très nombreux hommes jeunes consultent pour un problème de calvitie naissante, qu’il s’agisse d’un éclaircissement frontal se prolongeant ou non jusqu’au vertex, d’un recul de leurs golfes temporaux, ou encore de l’apparition d’une tonsure.


   En général ces patients sont inquiets pour leur devenir esthétique, et il appartient au professionnel de les guider vers la stratégie la plus efficace, mais aussi la plus raisonnable.

   Pour certains d’entre eux, à l’issue de la consultation, une première séance peut être planifiée, pour d’autres, il est préférable de remettre à plus tard cette même séance, tant la calvitie est encore au tout début de son développement. De la même façon, à calvitie égale, un homme de vint cinq ans sera traité tout à fait différemment d’un homme de cinquante ans, et ce pour des raisons évidentes liées à la possible aggravation pour le premier, et la prévisible stabilisation pour le second.

   Là encore, différents paramètres sont pris en compte lors de la première visite, comme les antécédents familiaux, mais aussi la position des lignes temporales et la hauteur de la couronne.

 

Règles fondamentales à appliquer à l’homme jeune lors d’une greffe de cheveux

Le positionnement de la bordure frontale

   Si l’on observe un crâne, nous pouvons remarquer que celui-ci est plus large à sa base qu’à son sommet. Ainsi, plus une ligne frontale est dessinée en position basse, plus elle est longue, et inversement, plus elle est dessinée en position haute, plus elle est courte.
Dans les faits, une ligne dessinée en position haute, est toujours, et de très loin, plus esthétique, et la mieux adaptée pour corriger une calvitie importante. Cela étant, il reste tout à fait possible d’envisager une ligne frontale en position plus basse, chez un homme de cinquante ans, calvitie stabilisée. Chez l’homme jeune, la ligne frontale, en position haute de sécurité, s’impose. Elle lui évite le désagrément de voir quelques années plus tard, ses premières rides chevaucher la base de son implantation. Elle écarte le risque d’un front trop court. Enfin, elle lui apporte l’assurance d’un résultat esthétique, pouvant à tout moment être affiné, par l’abaissement de cette ligne de quelques millimètres ou plus, lors d’une nouvelle séance de micro transplantation.

La région de la tonsure

   Sauf cas exceptionnel d’une tonsure parfaitement circonscrite, sans autres signes évidents d’évolutivité de la calvitie vers la région frontale, en avant, ou occipitale, en arrière, le traitement de cette région par la technique de transplantation de cheveux, ne semble pas être une bonne indication avant l’âge minimum de quarante ans.
   En effet, la décision de transplanter une tonsure, implique, que l’on a estimé la hauteur de la couronne comme stable et quasi définitive, ce qu’aucun praticien ne peut affirmer à moins d’être devin.

   La disposition des cheveux en rayons de roue, à partir d’un point central appelé le tourbillon, point de départ naturel des cheveux, nécessite toujours, notamment si le patient se coiffe en avant, un très grand nombre d’implants. Cela implique plusieurs séances pour le traitement de cette seule région. Etant donné la probabilité, chez le jeune, de voir sa calvitie s’étendre à la région frontale au fil des ans, la logique impose de garder l’essentiel des réserves au niveau de la zone donneuse, pour le traitement de la zone antérieure. Dans quelques cas seulement, il sera possible d’envisager un traitement partiel de la partie haute de la tonsure, en attendant des jours meilleurs, où il sera certain que la perte de cheveux soit stabilisée.

La gestion du capital cheveux

   A chaque séance le praticien puise dans les réserves de cheveux. Mais celles-ci ne sont pas inépuisables. C’est la raison pour laquelle, pour nos jeunes patients, il est approprié d’adopter une stratégie visant toujours, sur le long terme, à traiter la calvitie sur toute sa surface, mais avec une densité de cheveux modérée, plutôt que de traiter une seule localisation avec une densité maximale, sans pouvoir traiter le reste du crâne,  » faute de stock « . Seul l’avènement de techniques particulières, comme la culture de cheveux, remettrait en cause ce principe qui semble découler du simple bon sens.

   Aussi s’il devait y avoir deux mots pour définir l’attitude à adopter pour les hommes jeunes, ces mots seraient prudence et anticipation. Prudence quant à la gestion du capital cheveux, et anticipation pour la stratégie sur le long terme.

Le profil psychologique

   La prise en compte du profil psychologique du patient, et des éventuels troubles associés, se révèle primordiale dans le cadre d’une consultation d’esthétique.
   C’est aux médecins de prendre en compte la demande, de l’analyser et d’y répondre par le moyen qui leur semble le mieux adapté.
   A eux de faire la différence entre une demande raisonnable et raisonnée, et une demande pathologique qui impose de refuser l’intervention.

Les patients ne savent pas. C’est aux médecins de savoir pour eux. C’est ensuite aux patients de faire leur choix.

 

Questions Réponses sur la greffe de cheveux chez l’homme de moins de 40 ans

Faut-il traiter toutes les localisations chauves, ou traiter en priorité certaines régions ?

   A moins que le patient présente une très belle hauteur de couronne, qu’il affiche une exceptionnelle densité au niveau de la zone donneuse, qu’il se rapproche de la quarantaine, et que ses antécédents familiaux plaident pour une calvitie arrivée à un stade de stabilisation, la règle est de privilégier la région frontale, en dessinant une ligne frontale en position haute de sécurité, et de s’abstenir de traiter la région de la tonsure.

Faut-il corriger les golfes qui se creusent ?

   Sauf cas exceptionnel, chez l’homme entre vingt et quarante ans, la réponse est non.
Greffer les golfes chez les hommes de cet âge, c’est prendre le risque d’implanter les cheveux en mauvaise position, si ces derniers voient, dans l’avenir, la hauteur de leur couronne baisser, et leurs lignes temporales reculer.

Faut-il se plier aux exigences de nos jeunes patients ?

   La réponse est définitivement non. Sans les heurter, il faut les informer et les orienter vers ce qui semble être, pour eux, la meilleure stratégie à long terme.
Dans le cas de calvities étendues ou potentiellement évolutives, cela signifie un geste à minima, voire un refus d’intervenir trop précocement.
 Dans le cas de calvities plus modérées ou d’évolution plus lente, il est possible de proposer une à deux séances de micro transplantation, en privilégiant toujours le traitement de la région frontale haute.
   L’objectif est, en effet, de répondre à une demande et de traiter le patient au plus vite, mais il est surtout de s’assurer que le traitement ne gâche pas son avenir esthétique, ce qui est encore trop souvent le cas, notamment lorsque le traitement n’a visé que le court terme.

   N’oublions jamais que le corps et le visage en particulier, changent avec le temps. Les rides apparaissent, le visage se creuse ou s’épaissit. De tels paramètres ne doivent jamais être négligés au moment de la reconstruction de la bordure frontale.